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Flock renforce ses règles en réponse à une opposition croissante à la surveillance
L’entreprise met en place de nouvelles mesures de contrôle concernant ses technologies destinées à la police, suite à des informations faisant état d’abus de la part des agents et à la résiliation de contrats par certaines villes. Cependant ces changements laissent subsister des failles flagrantes.
Le géant des technologies policières Flock présentation aujourd’hui qu’il va modifier les modalités d’accès des agents à son réseau national de lecteurs de plaques d’immatriculation, dans le but apparent d’apaiser une contestation croissante et de regagner les contrats perdus en raison des inquiétudes liées à la surveillance de masse et aux abus policiers.
Divers changements visent directement un problème qui a récemment fait la une des journaux : l’utilisation abusive par des agents de la technologie de Flock pour traquer et harceler leurs partenaires amoureux actuels ou anciens. Les 120 000 caméras de Flock forment un réseau national auquel les services de police peuvent avoir recours, offrant ainsi aux agents l’accès à une immense base de données de localisation consultable. Une récente enquête du Washington Post a mis au jour 46 cas dans lesquels des agents ont été accusés d’avoir utilisé les caméras de Flock à des fins non autorisées, telles que la traque.
Pour remédier à cela, l’entreprise va désormais exiger de ses agents qu’ils saisissent un numéro de dossier pénal avant d’effectuer une travaux de recherche. Ce système, lancé l’année dernière à titre facultatif, est désormais obligatoire. Il vise à vérifier que chaque recherche répond à un objectif légitime.
Il s’agit d’une norme de base réclamée par les associations de défense des libertés civiles, toutefois les agents ont trouvé des moyens de contourner des mesures de protection similaires. L’ACLU a récemment constaté que lorsque Flock exigeait des agents qu’ils indiquent un motif de fouille, certains utilisaient des termes génériques tels que « enquête » ou se moquaient carrément de cette demande ; dans un service de police de l’Oregon, des agents ont saisi « héhéhé » 20 fois. Comme Flock ne vérifie pas les numéros de dossier, les agents pourraient contourner cette nouvelle mesure de protection tout aussi facilement.
Mais Flock est en train de déployer à plus grande échelle un système d’audit automatique censé repérer ceux qui tentent ce genre d’actions, a annoncé aujourd’hui l’entreprise. Cette fonctionnalité analyse les recherches effectuées par les responsables et signale aux administrateurs toute personne effectuant des recherches suspectes. Elle avait déjà été introduite en option l’année dernière, toutefois elle est désormais obligatoire. Flock n’a pas communiqué de détails sur la précision de cet outil d’audit automatique, ni ne l’a soumis à l’évaluation d’organismes indépendants.
Reste à voir comment l’industrie va réagir à cette annonce.
Pour aller plus loin :
Source originale : MIT Technology Review : MIT Technology Review