La faille de sécurité liée aux agents : 54 % des entreprises ont déjà été confrontées à un incident impliquant un agent IA, et la plupart d’entre elles autorisent encore les agents à partager leurs identifiants

Le paysage de l’intelligence artificielle s’enrichit d’une nouveauté significative.

La faille de sécurité liée aux agents : 54 % des entreprises ont déjà été confrontées à un incident impliquant un agent IA, et la plupart d’entre elles autorisent encore les agents à partager leurs identifiants

Dans 107 entreprises, les agents d’IA se voient accorder un accès réel aux systèmes et aux éléments, tandis que les contrôles destinés à les encadrer sont à la traîne. Plus de la moitié d’entre elles ont déjà connu un incident de sécurité confirmé impliquant un agent ou un incident évité de justesse ; seul un tiers environ attribue à chaque agent une identité spécifique, et la plupart des agents partagent encore leurs identifiants ; enfin, seules trois firmes sur dix isolent leurs agents présentant le plus grand risque. La pile de sécurité s’inspire très largement des modèles proposés par les fournisseurs et les hyperscalers plutôt que d’être spécialement conçue pour les agents ; les dépenses consacrées à ce domaine ne représentent qu’une infime partie du budget de sécurité ; et les entreprises sont partagées à parts égales quant à savoir si leurs défenses parviennent à suivre le rythme des attaquants utilisant l’IA. Il en résulte une faille de sécurité liée aux agents : les agents autonomes se multiplient plus promptement que les contrôles d’identité, d’isolation et d’application nécessaires pour les maîtriser.

Cette étude de VentureBeat Pulse Research examine la manière dont les entreprises sécurisent leurs agents IA : quels outils elles utilisent, comment elles gèrent l’identité et l’isolation des agents, quels problèmes elles ont déjà rencontrés, combien elles dépensent, et si elles estiment que leurs défenses sont à la hauteur face aux attaquants utilisant l’IA.

Il faut souligner, la principale conclusion concerne une faille de sécurité liée aux agents : l’écart entre l’autonomie accordée par les entreprises à leurs agents et les contrôles mis en place pour les encadrer. Plus de la moitié des organisations (54 %) ont déjà été confrontées à un incident de sécurité confirmé impliquant un agent (18 %) ou à un incident évité de justesse avant qu’il ne cause des dommages (36 %). La faiblesse structurelle qui se cache derrière ces chiffres réside dans la gestion des identités : seul un tiers environ (32 %) attribue à chaque agent sa propre identité, gérée et délimitée, tandis que les autres indiquent que certains agents partagent des identifiants ou que les agents fonctionnent principalement avec des clés API partagées et des identifiants de comptes humains ou de service. Lorsque les agents partagent leurs identifiants, un seul agent compromis ou disposant de droits d’accès trop étendus peut avoir des répercussions à grande échelle — et seules trois entreprises sur dix (30 %) isolent leurs agents les plus à risque dans des environnements de test afin de limiter ces répercussions.

Ce qui rend cet écart remarquable, c’est à quel point les sociétés s’y sentent à l’aise. La pile de sécurité est en grande majorité native aux fournisseurs : les mesures de protection d’OpenAI (51 %), les contrôles cloud de Google et Microsoft, ainsi que les contrôles d’agents gérés d’Anthropic dominent, tandis que les spécialistes dédiés à la sécurité des agents sont à peine présents — et le niveau de satisfaction vis-à-vis de cette infrastructure empruntée est élevé, avec une note moyenne de 4,2 sur 5. Pourtant, ces dépenses ne représentent qu’une infime partie du budget consacré à la sécurité ; seul un tiers des entreprises estime que ses défenses contre l’IA ont une longueur d’avance sur les attaquants utilisant l’IA, et une nette majorité prévoit de changer d’outils d’ici la fin de l’année. Les entreprises se déclarent satisfaites des dispositifs de contrôle qu’elles s’apprêtent pourtant à remplacer.

VentureBeat a mené cette enquête dans le cadre de sa série « Pulse Research » ; cette enquête portait sur la sécurité des agents d’entreprise, c’est-à-dire les outils, l’identité, l’isolation et les contrôles d’application utilisés par les organisations pour sécuriser leurs agents IA autonomes. Les réponses ont été filtrées pour ne retenir que les organisations comptant plus de 100 salariés (n = 107 ; la tranche de taille la plus petite de l’enquête, à savoir 1 à 100 salariés, a été exclue), issues d’une seule vague réalisée en juin 2026. Comme il s’agit d’une seule vague et non d’un échantillon regroupant plusieurs mois, le rapport présente des informations transversales et ne permet pas de dégager des tendances d’un mois à l’autre. Plusieurs questions permettaient de cocher plusieurs réponses ; c’est pourquoi le total de ces pourcentages peut dépasser 100 %.

En termes de fonctions, l’échantillon est composé de cadres supérieurs et de personnes influentes auprès des acheteurs : 45 % sont des décideurs finaux en matière d’achats liés à l’IA et 30 % sont des prescripteurs ou des influenceurs. Les cadres (43 %), les collaborateurs opérationnels (24 %), les vice-présidents et directeurs (15 %) ainsi que les dirigeants (11 %) composent cette répartition par niveau hiérarchique. En fonction de la taille des entreprises, l’échantillon est pondéré en faveur des entreprises de taille moyenne : les structures comptant entre 251 et 1 000 salariés (42 %) et celles comptant entre 101 et 250 salariés (25 %) occupent les premières places, suivies par celles comptant entre 1 001 et 5 000 salariés (19 %), 5 001 à 10 000 (8 %) et plus de 10 001 (7 %) venant compléter le classement. Le domaine des technologies et des logiciels est le plus important, avec 23 %, suivi par l’industrie manufacturière (15 %), le commerce de détail et le commerce électronique (14 %) et la santé et les sciences de la vie (13 %).

En parallèle, avec 107 répondants, l’échantillon est suffisamment large pour donner une indication de tendance, mais il convient de le considérer comme un indicateur de tendance plutôt que comme une mesure précise ; il s’agit d’un échantillon auto-sélectionné et non d’un échantillon probabiliste. Il présente un biais en faveur des entreprises de taille moyenne ; il est donc préférable de l’interpréter comme reflétant le point de vue des organisations qui mettent activement en place des mesures de sécurité des agents, plutôt que celui des plus grands opérateurs.

Autre élément, les notes de satisfaction sont calculées à partir des réponses apportées à chaque question d’évaluation ; le score global de satisfaction reflète les réponses de 82 des 107 personnes interrogées éligibles.

À suivre donc, dans un domaine qui n’a pas fini de nous surprendre.

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Information rapportée par VentureBeat : VentureBeat