Première semaine du procès Musk contre Altman : l’ambiance dans la salle d’audience

L’intelligence artificielle reste au cœur de toutes les attentions.

Première semaine du procès Musk contre Altman : l’ambiance dans la salle d’audience

Voici ce que nous avons retenu du témoignage d’Elon Musk et ce à quoi il faut s’attendre cette semaine.

Deux des personnalités les plus influentes du secteur de l’IA, Sam Altman et Elon Musk, se sont affrontées devant les tribunaux à Oakland, en Californie, la semaine dernière. Musk poursuit OpenAI en justice, affirmant que les millions qu’il a investis pour financer l’entreprise il y a une dizaine d’années étaient destinés à une organisation à but non lucratif et non à une société commerciale, et que celle-ci a depuis renié cette mission.

Les enjeux sont de taille : même une victoire partielle de Musk pourrait faire reculer OpenAI, qui aurait l’intention d’entrer en bourse cette année. Mais c’est surtout le spectacle d’une querelle sur X, qui se joue désormais devant un tribunal fédéral, qui retient l’attention. « Des SMS embarrassants, des extraits de journal intime sans fard et les intrigues sans fin qui ont marqué la création et la croissance d’OpenAI devraient être révélés au grand jour », écrivait ma collègue Michelle Kim avant le début du procès. Et le procès se déroule dans un contexte de rejet culturel à l’égard des IA ; certaines pancartes brandies par les manifestants devant le palais de justice laissent entendre que, pour un grand nombre de personnes, quelle que soit l’issue de l’affaire Musk c. Altman, nous sommes tous perdants.

La plupart d’entre nous avons dû suivre le procès à distance, cependant Michelle, qui est d’ailleurs avocate, s’est rendue au tribunal chaque jour. Je l’ai rencontrée pour savoir ce qui s’était passé jusqu’à présent et ce qui pourrait se passer ensuite.

Dans la foulée, pourriez-vous nous donner un aperçu de ce dont il s’agit exactement dans cette affaire ? Sur quoi porte précisément la décision, et qui a actuellement l’avantage ?

Elon Musk affirme que Sam Altman et le président d’OpenAI, Greg Brockman, ont manqué aux obligations de la fiducie caritative de l’entreprise en transformant de fait OpenAI en une société à but lucratif. Musk soutient que ce n’est pas ce qu’ils lui avaient promis aux débuts de l’entreprise. Il a demandé plusieurs mesures de réparation, notamment des dommages-intérêts colossaux et la destitution de Sam Altman. Mais la principale mesure qu’il souhaite voir adopter consiste à annuler la restructuration d’OpenAI. [En octobre 2025, OpenAI a conclu des accords avec les procureurs généraux de Californie et du Delaware qui permettraient, en substance, à sa branche à but non lucratif d’exercer moins de contrôle sur la gestion quotidienne d’OpenAI. Il s’agit d’un compromis par rapport à ce qu’OpenAI avait initialement proposé, toutefois Musk souhaite toujours y mettre un terme.]

OpenAI soutient qu’Elon Musk avait en réalité accepté que l’entreprise exploite une branche à but lucratif, car il savait que le développement de l’IA coûte très cher. Il s’agit donc de déterminer ce que Musk savait, ce qu’il ignorait, et s’il a réellement été trompé par Altman et Brockman.

La question de savoir à quel moment précis Musk a eu connaissance de ces faits présumés fait l’objet d’un vif débat. Musk a fondé OpenAI avec Altman et Brockman en 2015, et il a intenté son action en justice en 2024. Les actions intentées à l’encontre d’une fondation caritative sont soumises à un délai de prescription : il faut avoir intenté l’action dans un délai de trois à quatre ans à compter de la date à laquelle on a eu connaissance des faits présumés. Musk tente donc de donner l’impression qu’à l’époque, il avait déjà quelques doutes, toutefois que ce n’est vraiment qu’en 2022 qu’il s’est rendu compte qu’OpenAI n’était plus fidèle à sa mission caritative initiale et qu’il avait été victime d’une escroquerie. Nous n’en sommes qu’à la première semaine du procès, cependant je ne suis pas sûr que Musk ait réussi à convaincre le juge et le jury de cela.

À suivre donc, dans un domaine qui n’a pas fini de nous surprendre.

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Article original publié par MIT Technology Review : MIT Technology Review